« Je jure comme avocat, d’exercer mes fonctions avec dignité, conscience, indépendance, probité et humanité ».

Ceci est notre serment d’avocat, que nous avons tous juré de respecter.

Il est indispensable mais pas suffisant.

Je m’approprie chaque mot de ce serment, mots qui peuvent et doivent s’appliquer à toutes les professions en relation étroite avec les gens.

Mais en tant qu’avocat, je veux plus. D’où notre besoin d’une déontologie qui complète notre devoir d’Avocat envers nos clients, les rapports entre nous.

Ce qui me chagrine, m’interpelle, me révolte est que nous avons transformé notre code de déontologie en un roman fleuve.

Si nous sommes obligés de régler chaque rapport, le plus infime entre les avocats, si nous sommes obligés de créer des gardes fou ou des pares feu dans tous les aspects quotidiens de notre activité : c’est la négation de notre serment.

A priori, nous ne sommes pas capables d’agir avec dignité, conscience, indépendance, probité ou humanité.

Il faut nous expliquer, organiser, planifier, induire, commenter, imposer ces notions là.

Je trouve cela indigne pour nous.

Bien sûr la déontologie est indispensable.

J’ai été ravi de lire, dans l’éditorial de Monsieur le Bâtonnier, la conception exprimée ce dernier de la déontologie.

Je le cite : « Faut-il redire que ce qui fonde notre identité particulière c’est notre déontologie ?

Indépendance, respect du secret, refus absolu de la contradiction d’intérêts, désintéressement : non seulement nous sommes capables de rendre bénévolement des services, plus nombreux qu’aucune autre profession, mais encore si nous avions le légitime souci de gagner notre vie le mieux possible, nous ne sommes pas les associés de nos clients… Le souci de l’éthique est inséparable de notre indépendance. Il la justifie
. »

A des petites nuances près, je fais mien ce concept de la déontologie.

En le complétant par trois, quatre règles de bases concernant les rapports entre confrères.

Je suis vite tombé de mon nuage.

Bulletin n°9. Les chantiers en cours.
Je cite à nouveau : « Le dictionnaire permanent de déontologie, qui dans sa première version sera couplé avec le précédent, est en chantier sous la direction du professeur Revet qui, l’an passé, avait rédigé le code intitulé Paroles d’honneur.

Ces ouvrages seront composés de feuilles mobiles pour permettre des mises à jour constantes
. »

Je crois rêver.

Pour moi, le fait que notre code de déontologie est rédigé par des professeurs de droit est presque vexatoire. D’ailleurs je ne sais pas pourquoi j’utilise le terme presque.

Cela étant dit, vous rendez vous compte de l’absurdité des choses ?

Feuilles volantes, mises à jour constantes…

Si la déontologie n’est pas claire, intangible, précise, inviolable, comprise et acceptée, apprise par cœur comme le serment, ce n’est plus de la déontologie.

La déontologie est notre âme, je vois mal notre âme sur de feuilles volantes, en constant changement, au gré des caprices ou de la mode.

Ce que l’on veut nous présenter comme déontologie n’est finalement q’une construction intellectuelle pour le plaisir narcissique pour ceux qui la créent.

Je n’hésite pas à dire et sans me prendre pour ce que je ne suis pas, que notre déontologie doit être l’équivalent des dix commandements.

Nous sommes des Avocats ou nous ne le sommes pas.