Je commence par l’administratif.
J’ai été pendant trois ans le témoin direct du travail effectué par les membres du Conseil dans ce domaine.
Je vous assure, ils mettent une énergie, beaucoup de leur temps, d’intelligence et de passion dans les différentes commissions dont ils ont la charge.
Ils ont tout mon respect et toute mon admiration pour la qualité de leur travail.
Ce que je conteste, ce n’est pas leurs compétences ni l’utilité d’un travail purement administratif.
Non. Ce que je reproche c’est qu’on a perdu totalement de vue le rôle politique, déterminant pour la société, historique, visionnaire souvent, que doivent jouer les Avocats.
Avec un Barreau phare, celui de Paris.
Noyer les membres du Conseil sous le poids d’un travail fastidieux, parfois futile, c’est une manière comme une autre d’éviter tout débat qui dérange…
Et rien n’est plus agréable pour LE pouvoir en place que les Avocats – l’Ordre des Avocats – ne fassent pas de vagues, qu’ils n’interviennent plus dans la Cité.
C’est, encore une fois, délibéré.
Moins il y a de vagues, plus les affaires marchent. C’est vieux comme le monde…
Moins on se mobilise pour protester, simple exemple, contre des lois liberticides en pénal, plus l’Ordre peut mettre les moyens auprès de la Commission Européenne pour que les Avocats lobbyistes près des gros groupements financiers ne soient pas obligés de se dévoiler en tant que tels.
Moins on parle du divorce, plus on a de chance que le gouvernement accepte l’entrée en Bourse de certains cabinets.
C’est du donnant-donnant. Laissez-nous faire tranquillement nos affaires et nos protestations ne seront que des litanies sans conséquence.
On utilise donc l’administratif pour neutraliser, en quelque sorte, les Membres du Conseil.
Je reviendrai sur ce thème comme sur les autres pendant ma campagne.
A propos, avant que je n’oublie, dans tous les contrats de convention que vous soumettez à l’Ordre, que ce soit d’association, de collaboration, etc. on vous oblige à mettre une clause précisant que tout différend éventuel sera soumis à l’arbitrage du Bâtonnier.
Pourquoi pas.
Mais sachez que cette clause n’est en aucun cas obligatoire et si l’Ordre refuse de valider une convention qui ne comporte pas celle-ci, l’Ordre est dans l’illégalité.
C’est un moyen de contrôle que l'on vous impose.
Le paroxysme du contrôle est atteint par les deux piliers de base qu’utilise le pouvoir ordinal ; la déontologie et le disciplinaire.
Je ne fais qu’effleurer ici ces sujets. J’y reviendrai.
Il fut un temps où ces deux aspects particuliers de notre profession jouaient parfaitement leur rôle et leur côté positif dans les relations entre les Avocats était incontestable.
Je n’hésite pas une seconde à commettre le crime de lèse-majesté en prétendant qu’aujourd’hui ce n’est plus le cas, bien au contraire.
Vous avez tous reçu un petit livre au titre pompeux : « Paroles d’Honneur ».
Petit par la taille car il comprend presque cinq cents pages.
Ce n’est pas une Parole d’honneur, c’est la parole galvaudée.
Je mets au défi chacun d’entre vous de me dire qu’il connaît son contenu.
Or, la parole d’honneur est une chose sacrée. Inscrite dans notre conscience, dans notre âme, dans le marbre de notre mémoire.
Or, ce qu’on nous présente, c’est un fouillis qui peut dire tout et son contraire.
Il est parfois en contradiction avec certains principes essentiels du droit.
Ce code constitue un moyen comme un autre de pouvoir interpréter les relations entre Avocats de la manière la plus appropriée aux intérêts de ceux qui sont aux manettes.
D’ailleurs, ce thème constituera ma première intervention sur le blog. Car les incohérences et les injustices sont parfois dévastatrices.
Surtout quand le disciplinaire prend le relais.
Bien sûr, c’est très mal vu par toute la nomenclatura du Palais de mettre en cause le rôle disciplinaire de l’Ordre.
Principal argument évoqué : si nous ne faisons pas le ménage chez nous, ce seront les Magistrats qui le feront.
Mais telles qu’elles sont jugées par l’Ordre, aujourd’hui, les affaires concernant les Avocats est purement et simplement inadmissible. La foudre s’abat toujours sur les plus faibles.
Je ne tournerai pas autour du pot.
Je suis totalement favorable à ce que l’Ordre cesse son rôle d’Inquisiteur. Je reconnais toutefois que le sujet est très sensible.
Je le traiterai, in extenso, prochainement sur mon blog. Même si j’en connais le mécanisme, je ne sais pas tout.
N’hésitez pas à m’écrire si vous avez vécu des situations où vous avez subi une profonde injustice, accompagnée souvent de mépris.
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