Je suis très conscient du fait que rien n’est plus facile que de s’engager sur un programme, surtout lorsqu’on n’exerce aucune responsabilité.  

Entre croire que vous êtes l’homme providentiel et la démagogie, l’écart est minuscule.
Vous promettre que votre quotidien changera du jour au lendemain par la grâce de mon élection serait vous prendre pour des imbéciles et en être un moi-même.
Vous ne l’êtes pas. Je ne le suis pas non plus.
Je conçois mon rôle d’une manière différente, que mes adversaires qualifieront sûrement de prétentieuse ou, s’ils sont gentils, ils trouveront d’autres termes.

Je suis guidé, qualité ou défaut, par l’orgueil ou la fierté, question de point de vue.

Le respect de la parole donnée est pour moi le moteur principal de la dignité.

Ce qui suit ce ne sont donc pas des promesses électorales mais des engagements sur l’honneur.
Certains de ces engagements je pourrai les réaliser car dépendant de ma seule détermination. Pour les autres, je me battrai sans relâche, sans pouvoir en garantir le résultat.
Ma principale mission est de changer les mentalités et le mode de fonctionnement actuel. Je procéderai par étapes. En fonction des sujets traités, en fonction des pouvoirs propres au Bâtonnier.

Comment y arriver ? Première étape, je commence par moi-même.

- Si je suis élu, je m’engage formellement à refuser toute association avec un cabinet qui le proposerait, cela pendant et après mon mandat. Je n’utiliserai pas la fonction de Bâtonnier pour faire carrière. Il n’est pas inutile de le préciser car trois des quatre derniers Bâtonniers ont vu leur carrière changer après leur élection. Ce n’est pas une critique, c’est un constat.


- Je m’engage tout aussi formellement à soumettre immédiatement au vote du Conseil toute une série de mesures qui pourront être adoptées très vite et qui concernent tous les Avocats dans leur ensemble. Si je n’avais pas la majorité, je vous en informerais et je les remettrais, encore et encore, à l’ordre du jour, jusqu’à satisfaction. Notamment :

. répartition équitable des cotisations concernant les assurances en fonction des revenus,
. paiement garanti sur les fonds propres de l’Ordre des Aides Juridictionnelles ou des Commissions d’Office – le Bâtonnier était responsable de leur désignation – au cas où, pour des raisons indépendantes du travail effectué par l’avocat, ce dernier n’était pas payé par l’Etat,
. l’ouverture obligatoire du Bulletin du Barreau à tous les membres du Conseil de l’Ordre qui désirent s’exprimer, notamment ceux qui sont en opposition avec la politique menée ; le Barreau sera ainsi parfaitement informé et pourra réagir,
. procéder par délégation : un Bâtonnier omnipotent est un Bâtonnier qui se disperse, donc inefficace sur les points essentiels ; de nombreux membres du conseil, parfaitement compétents, doivent prendre leurs responsabilités devant le Conseil et donc devant vous,
. cela concerne notamment les intérêts des grosses structures : je n’ai rien contre la réussite financière, ils ont raison de défendre leurs intérêts, tout à fait légitimes, et ils en sont capables ; mais je ne permettrai jamais que le Conseil – et par voie de conséquence, vous – leur servent d’alibi ou de marche pied.

- Au moins une fois par mois le Conseil de l’Ordre traitera exclusivement des sujets mis à l’ordre du jour par les Membres du Conseil. C’est la seule manière d’encourager l’initiative, le talent, la diversité.


- Diminution significative des affaires administratives traitées à l’ordre du jour. Cela laissera le temps nécessaire pour les vrais sujets.

Deuxième étape, mettre sur la table le problème de la déontologie et du disciplinaire.

Je reviendrai sur le sujet mais rien n’empêche de l’évoquer déjà. Je suis conscient que c’est un sujet très sensible.
Longtemps, la déontologie et le disciplinaire constituaient le socle de notre indépendance, de notre cohésion. Je considère qu’aujourd’hui ce socle est devenu un instrument de pression (d’oppression ?) sur les faibles, presque de discrimination.

Là encore je reviendrai en détail sur le sujet. J’ai mes convictions, je n’ai pas de certitudes.

J’ai le désir profond de m’attaquer à ces sujets. Par la discussion. Je veux convaincre. J’utiliserai mon blog pour cela. Plus le sujet est sensible plus il faut une adhésion massive aux nouvelles idées. Du consensus. En aucun cas le « fait du Prince ». Rien n’est pire que de se tromper de bonne foi. Même si je ne crois pas me tromper, seules vos réactions lorsque j’aborderai le sujet en détail pourront forger ma détermination.

Troisième étape, Bâtonnier de Paris, pour quoi faire ?

Bien sûr c’est un honneur. Une consécration. Et alors ?

Je crois que le rôle, le vrai, l’essentiel, du Bâtonnier de Paris, le plus grand Barreau du monde, est de remettre l’Avocat dans la Cité.

Donc d’influencer le cours des choses. Comme pendant des siècles. Le rayonnement actuel du Barreau, phare du monde des affaires, a quelque chose de clinquant, de très attractif pour certains, d’opulent et enviable.

Mais rien de noble.

L’Avocat n’est pas un citoyen comme un autre. S’il n’est pas un rempart, une protection, un visionnaire, un précurseur, alors oui, on peut se contenter de la politique actuelle.

Ce n’est pas ma vision. Ça ne doit pas être celle du Bâtonnier de Paris.

Je vous adresserai à tous un e-mail expliquant en détail mes intentions. D’ores et déjà je vous indique que ce combat – il s’agira d’un vrai combat – portera sur trois axes :
- Le pouvoir politique,
- Le CNB
- Et le numerus clausus.


Ne croyez pas que nous n’ayons pas d’armes pour le faire. Contrairement au discours ambiant, les armes existent. Ce n’est même pas une question de volonté mais d’intérêt.

Mais si je m’engage dans ce combat, je vous engage aussi. Ce sera une responsabilité commune donc une prise de risque commune.